Lorsque je reçois un instrument cassé à l’atelier, cela me touche toujours. Cependant, c’est surtout son propriétaire qui en souffre le plus, car ces accidents résultent souvent de maladresses : un étui mal fermé, une guitare posée sur un tabouret instable, ou des « moulinets » à la Pete Townshend mal maîtrisés, dont l’effet n’est pas toujours celui escompté. Heureusement, il est souvent possible de restaurer l’instrument, ou du moins de minimiser les réparations.
Les éclisses, fréquemment endommagées lors d’une chute, nécessitent une analyse approfondie de la fracture. La forme cintrée des éclisses complique quelquefois leur réalignement, d’où l’importance de méthodes d’assemblage discrètes et efficaces. Des tests de collage à blanc sont nécessaires pour garantir un bon ajustement avant d’appliquer la colle.
Des tasseaux de renfort sont placés à l’intérieur sur la fissure afin de stabiliser et renforcer la structure de l’instrument. Un seul accès est possible pour installer ces renforts : passer par la rosace. Pour travailler, j’utilise alors différents systèmes de fixation, souvent fabriqués maison, ou des aimants Néodyme très puissants pour exercer la pression nécessaire à la mise en place de ces »sparadraps »de bois. En fin de compte, ce n’est pas tant l’outillage qui importe, mais le résultat final.








